Demande de compensation MDPH : définition et explications
Un chiffre : plus de 300 000 demandes de compensation du handicap sont déposées chaque année en France. La mécanique derrière ce dispositif, la prestation de compensation du handicap (PCH), ne cesse de susciter débats, attentes et parfois désillusions. Depuis 2005, la loi française prévoit une aide financière spécifique pour compenser les conséquences du handicap. La Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) instruit chaque dossier selon des critères précis, mais les délais de traitement peuvent dépasser plusieurs mois. Certaines dépenses restent exclues du dispositif, malgré l’évolution des besoins individuels.
Des écarts notables existent entre les décisions rendues selon les départements. Les démarches exigent des justificatifs détaillés et des évaluations régulières, sources de complexité pour de nombreux demandeurs. La procédure, bien qu’encadrée, demeure sujette à interprétation et à ajustements locaux.
Plan de l'article
Comprendre la prestation de compensation du handicap : à quoi sert la PCH ?
La prestation de compensation du handicap (PCH) occupe une place centrale au cœur des politiques d’autonomie. Distribuée par le conseil départemental, elle vise à compenser la perte d’autonomie des personnes en situation de handicap, quel que soit le contexte ou l’âge d’apparition (avant 60 ans, avec quelques exceptions possibles). Il ne s’agit pas d’un simple transfert d’argent : chaque bénéficiaire reçoit une aide adaptée, inscrite dans un plan personnalisé de compensation (PPC) pour répondre au plus près des réalités du quotidien.
Ce dispositif poursuit un objectif limpide : soutenir l’accès à la citoyenneté, encourager la participation sociale, préserver la dignité. La PCH s’articule autour de différentes formes d’aides, ajustées à chaque situation :
- aide humaine : prise en charge d’un accompagnement quotidien, assuré par un professionnel ou un proche, pour des actes essentiels (soins personnels, déplacements, repas).
- aide technique : couverture de l’achat ou de la location d’équipements qui favorisent l’autonomie, du fauteuil roulant aux outils domotiques.
- aménagement du logement ou du véhicule : adaptation du domicile ou du véhicule pour lever les obstacles de l’environnement.
- aides spécifiques ou exceptionnelles : remboursement de frais particuliers, liés à des besoins non couverts par d’autres dispositifs.
Voici les principales catégories d’aides financées par la PCH :
La maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pilote l’instruction des demandes, en lien direct avec la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). Les droits sont réévalués périodiquement selon l’évolution de la situation. Soutenue par la CNSA, la PCH s’impose comme l’un des piliers de la compensation du handicap en France.
Qui peut bénéficier de la PCH et sous quelles conditions ?
L’accès à la PCH répond à des critères réglementaires stricts. Toute personne en situation de handicap, adulte ou enfant, peut déposer une demande auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Deux axes président à l’attribution : la perte d’autonomie et la résidence.
Le niveau de handicap est apprécié d’après la capacité à accomplir seul les gestes essentiels du quotidien. Pour accéder à la PCH, il faut présenter une difficulté absolue pour au moins une activité, ou une difficulté grave pour au moins deux activités. Cette appréciation repose sur une grille nationale partagée entre tous les départements. Qu’il s’agisse d’un enfant ou d’un adulte, il faut pouvoir justifier d’une limitation significative et durable de l’autonomie.
La première demande de PCH s’adresse en priorité aux personnes de moins de 60 ans, avec toutefois une marge de manœuvre : si le handicap existait avant cet âge ou si la demande concerne un renouvellement, la porte reste ouverte. Résider en France de façon stable, sans condition de nationalité, constitue l’autre pilier de l’éligibilité.
Pour les enfants, la PCH peut être cumulée avec l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), à condition de répondre aux exigences propres à chaque prestation. La décision finale revient à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), qui s’appuie sur le dossier transmis à la MDPH et, le cas échéant, sur l’avis d’une équipe pluridisciplinaire.
Au-delà de 60 ans, la majorité des personnes basculent vers l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Ce passage n’est pas automatique : chaque situation mérite un examen sur-mesure.

Demande de PCH : étapes clés, démarches et réponses aux questions fréquentes
Constituer un dossier solide : la première étape
Pour solliciter la prestation de compensation du handicap (PCH), il faut s’adresser à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Préparer un dossier complet est indispensable : certificat médical récent, formulaires administratifs, justificatif de domicile… Rien ne doit manquer. Il est également crucial de détailler précisément les besoins : aide humaine, aide technique, adaptation du logement ou du véhicule, ou encore accompagnement parental. Une fois le dossier constitué, l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH évalue la demande et transmet son analyse à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH).
Le parcours du demandeur : étapes et délais
Après l’envoi du dossier, la patience s’impose. Trois à six mois sont souvent nécessaires avant d’obtenir une réponse. La CDAPH tranche sur la base du plan personnalisé de compensation (PPC), défini à partir de l’évaluation des besoins. C’est ensuite le conseil départemental qui procède au paiement des aides.
- Aide humaine : prise en charge d’un aidant familial ou d’un professionnel (tierce personne, majoration tierce personne – MTP).
- Aide technique : contribution financière à l’achat ou à la location de matériel adapté.
- Aménagement du logement ou du véhicule : soutien financier pour réaliser des travaux d’accessibilité.
- PCH parentalité : accompagnement spécifique pour les parents d’enfant handicapé.
Les aides attribuées par la PCH peuvent couvrir les besoins suivants :
Recours et questions fréquentes
En cas de refus ou si le montant accordé paraît insuffisant, il existe un recours administratif. Une demande de réexamen peut être adressée à la MDPH, puis, si nécessaire, au niveau de la commission de recours amiable. Les montants PCH évoluent en fonction des besoins retenus par la CDAPH et des barèmes nationaux. Il faut bien distinguer la PCH de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), réservée aux personnes âgées.
La demande de compensation du handicap ne se résume pas à une démarche technique : elle touche à l’autonomie, à la dignité et au choix de vie. Derrière chaque dossier, il y a des attentes, des combats et la volonté farouche de ne pas laisser le handicap dicter toutes les règles. Qu’on le veuille ou non, la PCH façonne des trajectoires et modifie le quotidien. La suite reste à écrire, dans chaque département, à chaque nouvelle demande.