Stimulation de l’intérêt pour le dessin chez les enfants
38 % : c’est la part des familles françaises qui mettent régulièrement du matériel artistique à disposition à la maison. Un chiffre qui, sans tambour ni trompette, dévoile la réalité du terrain. Malgré les recommandations des spécialistes du développement, nombre d’enfants laissent tomber le dessin dès l’entrée à l’école. Pourtant, les chiffres sont têtus : quand un adulte s’implique, la durée d’attention des enfants grimpe de 60 %. Mais bien souvent, les conseils concrets pour nourrir cet intérêt manquent à l’appel dans les foyers.
Plan de l'article
Pourquoi le dessin fascine tant les enfants (et pourquoi il mérite une place dans leur quotidien)
Le dessin enfant, c’est l’art de transformer une feuille blanche en terrain d’expérimentation. Dès les premiers pas, le trait devient un langage en soi. Avant que les mots ne s’imposent, l’enfant gribouille, trace, invente un monde à sa mesure. Cette liberté, ce plaisir immédiat de créer sans attendre de permission, nourrit une fierté singulière, rarement égalée par d’autres activités.
Pratiquer régulièrement le dessin pour enfant, c’est aussi entraîner la main, l’œil et le poignet à travailler ensemble. Les spécialistes du neurodéveloppement l’affirment : cette coordination œil-main, qui commence à s’affiner vers trois ans, prépare aussi bien à l’écriture qu’à la résolution de problèmes plus complexes. Un geste anodin qui prépare le terrain pour de futurs apprentissages.
Accorder une vraie place au dessin chez l’enfant, c’est ouvrir grand la porte à l’imagination. L’enfant construit des univers, explore ses émotions, tente des scénarios. Ce processus nourrit la créativité, mais aussi l’apaisement et la confiance en soi. Le dessin devient un refuge, un déclencheur de bien-être global.
Pour mieux saisir ce que le dessin apporte aux enfants, voici les principaux leviers à l’œuvre :
- Renforcement de la motricité et de la coordination
- Valorisation de l’expression artistique pour enfants
- Développement de l’autonomie et du plaisir de créer
Mettre à disposition crayons de couleur, supports variés et laisser l’enfant dessiner librement, sans modèle, encourage la motivation. Le dessin ne se limite pas à une simple distraction : il agit comme un moteur pour stimuler l’imagination et favoriser le développement global.
Quels freins peuvent limiter l’envie de dessiner chez les plus jeunes ?
Chez certains enfants, l’envie de dessiner ne jaillit pas spontanément. Plusieurs freins, parfois invisibles, peuvent entraver ce plaisir. Le premier obstacle se cache souvent dans le regard des adultes. Lorsqu’on valorise la performance au détriment de l’expérimentation, l’enfant redoute l’erreur et se retient. Ce climat tendu, maintes fois observé par les ergothérapeutes, éteint peu à peu la joie de dessiner.
Des difficultés motrices peuvent aussi décourager. Quand manier un crayon devient laborieux, ou que la coordination pose problème, le geste perd son attrait. L’enfant finit par associer le dessin à l’effort et non à la découverte. Trop souvent, ce manque d’engouement est interprété comme une absence de créativité, alors qu’il s’agit d’un besoin d’adaptation du matériel ou du rythme.
Les centres d’intérêt évoluent aussi vite que les outils numériques envahissent les foyers. Face à l’offre d’écrans et de jeux interactifs, le crayon fait parfois pâle figure. Pourtant, le dessin favorise la pensée critique et la résolution de problèmes, là où le numérique tend à installer l’enfant dans une posture de spectateur.
Pour mieux identifier ce qui freine l’attrait pour le dessin, voici les principaux obstacles à surveiller :
- Poids du regard adulte et peur du jugement
- Difficultés de coordination ou troubles moteurs
- Concurrence des écrans et autres loisirs
Pour dénouer ces blocages, l’accompagnement bienveillant, l’écoute et l’ajustement du matériel restent les alliés d’un développement graphique épanoui.

Des idées simples et ludiques pour stimuler la créativité en famille
Et si la table de la cuisine servait d’atelier ? Disposez à portée de main une sélection de crayons, feutres, papiers aux textures variées, gommettes et masking tape. L’abondance de matériel de dessin donne envie de s’y mettre, de choisir, d’essayer. Les couleurs vives attirent l’œil, attisent la curiosité et font disparaître l’appréhension du « beau dessin ».
Prévoir un créneau pour des activités créatives partagées change l’ambiance. Dessiner côte à côte, parents et enfants réunis autour d’une feuille, pose un cadre propice à l’expression artistique. Les petits s’inspirent du geste des adultes, s’approprient l’espace, découvrent le plaisir de dessiner sans contrainte.
En piochant dans l’art-thérapie, on peut organiser le jeu du cadavre exquis : chacun ajoute un élément au dessin du voisin, sans savoir où cela mènera. Autre piste : lancer des défis créatifs comme dessiner un rêve, inventer une créature imaginaire ou illustrer une anecdote familiale. Ces jeux nourrissent l’imagination tout en valorisant la singularité de chacun.
Pour enrichir ces moments, voici quelques idées à explorer ensemble :
- Découpage, collage, superposition de matières
- Utilisation de supports variés : carton, toile, boîtes recyclées
- Exposition des œuvres à la maison pour renforcer la fierté
Au bout du compte, stimuler l’intérêt pour le dessin chez les enfants, c’est offrir de la matière, de la liberté et une attention sincère à ce qui se joue pendant le processus. Loin de la pression du résultat, c’est là que la créativité prend racine,et qu’elle fleurit, souvent, bien au-delà du papier.